14/06/2010

Short music fot short people

En 1999 Fat Wreck Records sortait une compilation dont l'objectif était de regrouper 101 groupes de punk à roulette qui devaient fournir dans le cahier des charges chacun un titre de moins de 30 secondes.

En 2008 les américains d'Agoraphobic Nosebleed faisaient les malins et sortaient un album de 100 titres dont la durée totale n'excède pas ..... 22 minutes, le titre le plus long plafonnant à 1minute 45s.

(Je vous laisse écouter 2 titres pour bien que vous mesuriez  l'ampleur du chaos sonore que l'on peut trouver là)

 

ANB - Small room and a six pack


ANB - The ninth day of Sodom : hoiday B



 

Tout ça pour dire, après une introduction chancelante comme une pièce montée pas entamée et laissée sur une table le lendemain d'un mariage où une bagarre pour une sombre histoire de mariée embrassée dans les vestiaires par le père du marié clôtura très tôt les festivités, que parfois la musique s'écrit aussi sous la barre de la minute, sans fioriture, ni enluminure.

La course à la moindre durée est souvent l'apanage du grind-core, ce type de musique allant directement à l'essentiel par définition, sans graisse sur l'os.

Mais on trouve aussi d'autres artistes, venant d'horizons très différents, (mais vous n'aurez pas le temps de vous en rendre compte) qui ont un jour coupé court leur musique.

L'objet des lignes qui suivent est de faire un tour de table, rapide et en vrac, de quelques beaux spécimens de morceaux les plus courts au monde, et nous n'irons pas ici au-delà des 7 secondes je vous rassure.

A tout seigneur tout honneur commençons par Napalm Death.

Ce sont eux  qui, officiellement selon le Guiness Book, sont les détenteurs du titre le plus court au monde, intitulé « You suffer », apparu en 1986 sur leur premier album »Scum ».

Le tout dure 1 seconde 136 exactement et les paroles à chanter sans modération  sont "You suffer, but why?" (coûteuse vidéo ci dessous)

 

 

Pour la petite histoire ce titre apparaît aussi en 1989 sur un split 45 tours (un quoi ?) avec les Electro Hippies qui pour faire bonne mesure gravèrent aussi un titre de moins de 2 secondes pour l'occasion.

 

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Dans la même veine métallique on pourrait citer tout un tas de grind-coreux hystériques. J'ai retenu Brutal Truth et son « Collateral damage » long de 4 secondes sur son extraordinaire premier album en 1992, ou encore SOD (qui partage le même bassiste (Dan Lilker) à l'air profondément abruti que Brutal Truth) qui la même année sur « Speak english or die » permit à l'humanité médusée d'entendre des titres indispensables comme « Gordy » ou « Antiprocrastination song » qui scorent facilement sous la barre des 6 secondes.

 

BRUTAL TRUTH - Collateral damage

 

 

 

SOD - Gordy

Même si Painkiller ne fait pas dans le grind exactement,  son batteur Mick Harris fit partie de Napalm Death à ses débuts et  « Trailmarker » sur le premier album « Guts of a virgin » semble porter encore les marques de cet héritage (notez la présence éclairante de Bill Laswell et de John Zorn en arrière plan).

 


Si on s'éloigne des rivages pleins de mazout de Grind-Core Island on peut trouver aussi d'autres artistes qui un jour au l'autre on cédé aux sirènes du « plus c'est court plus c'est bon ».

Ce n'est pas forcément à proprement parler de la musique (et avant si dirons certains ?) ou un titre mais plutôt des cris, des interludes. Ainsi Kyuss (groupe pré QOTSA) et son « Yeah » sur « Blues for the red sun » en 1992 (décidément grande année), titre aussi utilisé par Queen en 1995 où Mercury brame du fin fond de sa tombe un autre « Yeah » sur l'album « Made in heaven »

 

 

KYUSS - Yeah

 

 


QUEEN - Yeah

« He Has Left Us Alone but Shafts of Light Sometimes Grace the Corner of Our Rooms..." titre improbable et inoubliable d'album de Silver Mt Zion sortit en 2000 est largement plus long à prononcer que le morceau "Long March Rocket or Doomed Airliner" (qui déjà se pose là) de 4 secondes qu'il contient, c'est ainsi ce groupe à un chanteur pénible et des titres à la con, bon là ça va c'est une piste de silence.

 


Robert Fripp en 1979 cède lui carrément aux sirènes de la facilité avec « First Inaugural Address to the I.A.C.E. Sherborne House » et accouche d'un morceau fleuve de 7 secondes, type de morceau peu habituel il y a 30 ans qui semble inaugurer la mode des sons parasites dans le fond des titres de rap ou de techno minimaliste.

 


En vrac et sans point commun pour conclure, on a plus le temps,  Fœtus et un « Nails » industriel rongé de 4 secondes en 1985 mais aussi  Sufjan Stevens et son interminable "One Last "Whoo-Hoo!" for the Pullman" de 6 secondes dans cette dernière décennie.

SUFJAN STEVENS - One last "whoo oo " for the pullman


FOETUS - Nails

Enfin la palme du morceau court dirons nous « subliminal » revient aux Suisses épileptiques de Alboth avec « Der stitch » qui va vous obliger à tendre l'oreille (et à mettre votre chaine sur 11) pour distinguer quelque chose dans cet infra morceau de 1991 qui affiche bien une seconde au compteur, quand même.