13.12.2007
I'm not there

Je ne suis pas là ou plus précisement je ne suis jamais là où vous m'attendez.
Je suis noir et je suis blanc.
Je suis vieux avec des lunettes, je suis aussi un gamin qui traverse le pays dans un train.
Je suis un homme et pourquoi pas une femme.
Je suis un chanteur, un poête mais aussi un acteur, celui qui joue un rôle.
Je revendique et je proteste, mais je ne suis pas seulement un poing levé.
Je suis du siécle précedent, voir d'encore celui d'avant.
Je suis accoustique et je suis électrique.
Je vois des girafes et des autoroutes à 6 voies.
Je suis folk, je suis rock.
Je suis insaisissable, je ne veux pas être cantonné à une seule dimension.
Je suis un symbole dans mon pays, terre de tous les mythes modernes, le symbole d'une époque où les gens ont espéré beaucoup (trop ?) puis ont vu leur espoir s'effondrer dans une voiture.
Je suis un film étonnant qui parle un peu de moi mais qui m'imagine aussi beaucoup.
Un espèce de rêve à ciel ouvert, comme ces nuits agitées, où l'on mélange les époques, les genres, les gens et les évenements, proche et très éloigné de la réalité à la fois.
Je suis surtout un film formidable qui arrive à rendre intéressante la vie et l'oeuvre d'un homme, dont le peu de choses que je connaisse ne m'a jamais captivé et dont la musique ne m'évoque absolument rien.
15:10 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, Bob Dylan I'm not there
18.10.2007
Control /24 hour party people

J'ai fais une expérience cinématographique étrange la semaine dernière.
J'ai vu 2 films, qui parlent de sujets différents, mais qui ont en commun des personnages et certains évènements.
Je m'explique.
"Control" (2007, Anton Corjin) parle de la vie de Ian Curtis leader de Joy Division, bla bla, désespoir dans sa cuisine, cold wave, she's lost control bla bla.
"24 hour party people" (2003, Michael Winterbottom) détaille lui de manière plus ou moins réaliste la vie de Tony Wilson, entre 1976 et 1990, créateur de l'Hacienda et du label Factory, et qui produisit justement ledit Ian Curtis et sa bande de joyeux drilles mancuniens.
Dans ces 2 films apparaissent Tony Wilson, Martin Hannett (ingénieur du son et producteur des 2 seuls albums de Joy Division) Ian Curtis et Rob Gretton (manager de Joy Division et plus tard de New Order), interprétés par des acteurs différents à chaque fois.
Dans ces 2 films sont dépeints aussi des moments (concerts ou rencontre entre Curtis et Wilson par exemple) identiques.
J'ai eu alors comme un vertige, un étrange sentiment d'ubiquité cinématographique, impossible à réaliser dans la vie : soit voir une même scène, un même moment sous différents angles et retranscrits par des sensibilités différentes.
En effet on a affaire là à 2 films assez différents : d'un côté l'inscription de mouvements musicaux dans leurs époques (la new wave dans la fin des années 70, le début des 80's des années Tatcher et l'indie/dance musique dans la seconde partie plus clinquante et défoncée des années 80).
De l'autre côté un film moins sur la musique que sur le mal être d'un homme, sur le poids de la célébrité et l'idée que tout un chacun attend de sa vie et qui au final peut s'avérer très décevante, voir amener au suicide (à 23 ans dans le cas de Curtis)
Au passage, comment ne pas faire le rapprochement avec le blondinet de Seattle, 14 ans plus tard, une relation qui commence puis un mariage dans la foulée, un enfant rapidement, la célébrité, mais avec la drogue en plus comme seule différence.
Evidement "24 hour party people" est plus léger, avec une mise en scène parfois tapageuse, certainement plus éloigné de la réalité aussi (on a plutôt imprimé la légende là).
"Control" est plus attaché à un seul personnage, lui même assez renfermé, peu loquace, austère presque à l'image du film et à son noir et blanc classieux.
Un autre vertige m'a pris quand j'ai cherché plus d'infos sur les principaux personnges des films
Les gothiques du monde entier portent le deuil de Curtis depuis 1980 mais Hannett est mort en 1991, ravagé par ses excès et les coeurs fatigués de Gretton (1999) et Wilson (2007) ne leurs ont pas permis d'atteindre soixante ans non plus.
11:35 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Joy Division, musique, Factory, jouer au pendu
24.09.2007
28 semaines plus tard

Dans un bon film de zombies il y a un virus ou des gens reviennent à la vie sans que l'on sache trop pourquoi, des personnes assiégées qui ont peur, une société moderne complètement paralysée, des militaires qui se pensent plus malins que tout le monde mais qui au bout d'un moment voit la situation leur échapper complètement et qui dans un dernier éclair de génie décident de tout bombarder pour faire bonne mesure et des hordes de gens contaminés qui marchent lentement ou (plus récemment) très rapidement dans les rues de villes dévastées soit en faisant "heeeeuuuuuu" soit en hurlant.
En effet depuis quelques années, plus précisement depuis l'excellent "l'armée des morts" (de Zack Snyder responsable de 300 quand même) et "28 jours plus tard" (de Dany "Trainspotting" Boyle), les zombies ne ressemblent plus à des cohortes d'escargots baveux qui progressent à la vitesse d'une caravane allemande le week end du 14 juillet à la hauteur de Montélimar et qui perdent leurs membres au fur et à mesure de leur (modeste) avancée.
Rajoutons qu'en plus ils ne portent plus de veste en cuir rouge et noir et qu'ils ne dansent plus entre des tombes en plastique avec leurs potes et ça c'est pas plus mal.
Non aujourd'hui le zombie va vite, il est dangeureux même seul alors qu'auparavant seul le groupe de zombies l'était.
Il est comme tout le monde il est pressé, pressé d'agir, pressé d'en finir pour pouvoir passer à la victime suivante, tel un ouvrier à la chaine chez Renault, dans sa routine sans fin afin de contaminer le monde entier et de l'entraîner dans sa chute, avec lui.
Habitué auparavant à une vie trépidante, tous les jours, tout le temps, au travail, à l'école, en faisant ses courses, devant son pécé, le zombie moderne ne peut alors que reproduire ce schéma qu'il a depuis longtemps intégré : il faut qu'il agisse vite, qu'il morde vite sinon son voisin va lui piquer sa place, son humain sain à contaminer.
La compétition quotidienne, le néo libéralisme a, là aussi, laissé son empreinte, même zombifié vous êtes contraint à la rentabilité.
Dans "28 semaines plus tard" donc on retrouve Londres désert, ses rues jonchées de détritus, de corps.
Les monuments sont dérisoires, symboles d'une société qui n'est plus que l'ombre d'elle même, incapable de faire face à un fléau qu'elle ne maîtrise ni ne comprend pas et qui n'a plus qu'une issue : disparaître loin de toute beauté ou de toute forme d'art.
Le film de zombies n'est pas très optimiste, notamment sur le fonctionnement d'une société face à une menace qui va l'exterminer.
Tout le monde fuit, peu de mains se tendent, l'armée semble n'être que l'ultime espoir, la seule garante d'un semblant d'ordre puisque les civils et les politiques sont désorganisés ou ont disparu n'étant donc pas en état d'assumer une continuité, une résistance.
Des individus essaient de résister, de s'accrocher, d'y croire, de continuer à vivre.
Alors on suit les errances de Robert Carlyle et de ses enfants dans un pays menaçant, dans ces rues vides, à travers ces maisons pleines de cadavres, loin de toutes certitudes, de tout le confort rassurant de nos sociétés modernes.
On les voit circuler dans un Londres sécurisé à travers des images de vidéo-surveillance ou les lunettes de visée des snipers de l'armée US censée les protéger.
Bref qui voudrait de cette humanité là ??
Mais on sait très bien que tôt ou tard ce fragile équilibre sera balayé, comme on été balayées les sociétés multi centenaires dans lesquelles les gens vivaient dans les jours précédents.
Le plus génant apparaît alors dans le film : ça ne semble pas seulement une fiction, on a aussi l'impression d'assister à notre propre chute, à celle de notre société reposant sur un fragile équilibre, maintenant ou plus tard.
Il nous faudra alors courir aussi vite que Robert Carlyle dans l'extraordinaire scène d'ouverture, pour espérer vivre encore un peu.
Bonus : magnifique thème principal par John Murphy
21:25 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : zombies, cinéma, 28 semaines plus tard, Michael Jackson
20.08.2007
Planet Terror

J'ai de la suite dans les idées.
Après "Le boulevard de la mort" (le traducteur la mérite lui en tout cas) de Quentin Tarantino, je suis allé voir la suite du segment Grind House soit "Planet Terreur" (le traducteur s'est pas trop foulé non plus) de Robert Rodriguez.
Bon autant le film de Quentin est bavard celui de Robert va directement à l'essentiel : c'est à dire le massacre d'innocents zombies qui font rien qu'à courir après Rose MC Gowan en jupe plus que courte (et c'est pas désagréable à voir croyez moi...).
L'histoire (aussi élaborée que celle de Tarantino vous allez voir) : une petite ville, des militaires et des mercenaires veulent pas partager l'addition à la cantine de la base paf bagarre, du gaz tout vert s'échappe et contamine la ville la plus proche. Fin.
Evidement dans cette ville tout proche les gens se rendent compte de rien et vont tous à l'hopital montrer leurs affreuses infections cutanées qui suppurent puis vont rapidement avoir envie de croquer le personnel.
Et là la résistance s'organise à partir d'une restaurant (si, si), on prend les armes et le grand n'importe quoi commence.
Robert s'attarde sur 4 ou 5 personnages (dont Rose Mac Gowan donc), certains meurent, d'autres se sacrifient, d'autres font de la mini moto, d'autres s'échangent des recettes de cuisine, mais là aussi comme chez Tarantino les filles ne subissent pas elles agissent.
Bref c'est régressif, stupide, les dialogues contiennent 2 lignes sans trop de "fuck" ma foi et on aura pas droit à une quadruple compilation de R'n B-funk-soul-bossa de titres inconnus.
Là aussi la pellicule se délite, une bobine manque (dommage Rose Mac Gowan se montrait sous son plus beau jour...), les raccords sont périlleux.
On a même droit à un extrait décérébré de (faux) film 'Machete",.
Bref c'est frais, léger, pas trop consistant, on retrouve de vieilles têtes issues des 80's (Michael Biehn aka le papa de John Connors) on entend une musique que l'on dirait jouée par John Carpenter, on voit des zombies qui veulent te bouffer le cerveau, des militaires stupides, tout le decorum habituel de ce genre de productions.
Les garçons apprécieront, les filles elles resteront à la maison pour lire le dernier Harry Potter.
16:25 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Planet Terror, Robert Rodriguez, zombies, Rose Mac Gowan, sauce barbecue, Machete
25.07.2007
"Ma sorcière bien aimée" ne prone pas le satanisme
00:00 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Simpsons
21.06.2007
Le boulevard de la mort
A la toute fin du dernier Tarantino il y a une scène de poursuite (bon c'est un peu la base du film vous allez me dire...) où des filles coursent Stuntman Mike (Snake Plissken is alive !!!) dans la campagne, là bas vers Chateauroux.
Et brusquement les 2 bolides, circa 1970, lancés à une vitesse ahurissante, déboulent sur une route à 4 voies pleines de SUV ou de voitures japonaises actuelles qu'elles percutent joyeusement (et violemment) et continuent leur poursuite imperturbables.
Cette scène résume bien Tarantino, soit un obsédé des années 60 70 (et des pieds de femme ) sous ses formes musicales, cinématographiques, graphiques et qui se retrouve à notre époque avec ses films, ses codes, ses références, tel Hibernatus, et bouscule ainsi le cinéma depuis 10 ans.
Le "Boulevard de la mort" ressemble beaucoup à "Kill Bill" dans la forme.
C'est une grosse compilations de ses obssessions plaquée sur un scénario mince comme un chèque (vu de profil) : en gros un tueur en série, en voiture, tue des filles en les percutant à fond les ballons avec sa grosse voiture (bonjour les sous entendus ....) "à l'épreuve de la mort".
Vroum vroum.
Le tout est rythmé par environ 70 titres obscurs de funk ou de r'n' blues (bientôt dispos en triple compilation) et par des discussions interminables de filles (sans considérations donc sur Madonna ou les cheese burger, mais toujours éclaboussées de pleins de "fuck" et autres "motherfucker" ouf !!!).
Pour rendre hommage à ses films de référence que personne n'a vu, Tarantino s'est ingénié à mettre des faux raccords, des scratches sur sa pellicule et des filtres dégueus qu'on se croirait dans "les rues de San Francisco".
Bon faut dire que son film va logiquement avec celui de Roberto "Sin City" Rodriguez "Planet Terror" (sortie en août pour la partie zombies toute aussi débile) et qu'ils sont sortis ensemble aux Etats Unis, dans un même programme. Mais devant l'échec de la chose, le distributeur à décidé ici de 2 sorties distinctes, histoire de limiter la casse (oui il ya trop de "sorties" dans cette phrase je suis bien d'accord mais je vous jure je vais me soigner)
Alors Tarantino à dû rallonger sa sauce, et certainement ses dialogues, pour en arriver à la version sortie (rechute) chez nous.
On sent des longueurs, certainement pas présentes à la base, mais il faut dire que la poursuite démente de fin et la fin (débile) du film valent le détour (sans compter l'apparition mémorable d'un sheriff et de son fils "son number 1").
Tarantino à signé 3 polars exemplaires (Reservoir Dogs, Pulp Fiction et Jackie Brown) avec une formidable qualité narrative et trois compilations (Kill Bill 1 et 2, Le boulevard de la mort) de ses passions (cinéma bis, Z, japonais des années 60 et 70, musique, mode de vie, références diverses quant à cette époque...).
Pour ma part j'ai toujours préféré les vrais albums aux best of.....
22:40 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Tarantino, boulevard de la mort, zombies, sous entendus graveleux
15.06.2007
No one expects the Spanish Inquisition (ni d'ailleurs la réédition en DVD)
Je me souviens de l’ambiance pesante qui régnait, en 1987 dans la salle du CDI, le jour où nous passâmes « Le sacré Graal » dans le cadre de nos jeudis vidéo.
Déjà le film était en VO (la VO c’est le mal ultime pour plein de gens, il faut lire des trucs) et puis l’humour développé par ces gars qui font semblant de faire du cheval avec des noix de coco, au milieu de dessins bricolés et qui doivent se battre face à un lapin féroce qui égorge tout ce qui bouge, dépassait tout le monde.
Tout le monde sauf 2 gars hilares au premier rang, un toujours pote et moi même, qui n’en pouvaient plus de ricaner sur la Sainte Grenade, le lapin de Troie ou le Chevalier Noir (et qui ricanent toujours 20 ans plus tard).
Bon il faut dire que d’habitude les films diffusés étaient plutôt à base d'Arnold Swcharzenegger, d’explosion de bagnoles, de Karaté Kid ou de savant qui voyage dans le temps en Delorean (nous ne passâmes aucun David Lynch ou de Pasolini que les choses soient claires).
Nous avions voulu faire connaître les Monty Python aux masses ignorantes, les masses ignorantes avec leurs commentaires d’incompréhension nous laissâmes entrevoir que notre tentative était un échec total.
Tant pis les ténèbres resteraient autour d’elles, aussi noires que la Caverne de Caerbannog.
Le monument qu’est le Sacré Graal me cacha longtemps la forêt des élucubrations des Python, depuis leurs débuts en 1969.
Je découvris leurs autres films « La vie de Brian »( tout aussi jouissif), « Le sens de la vie » (moins évident, beaucoup moins marrant) et bien sûr le « Flying Circus » et ses 45 épisodes diffusés de 1969 à 1974 sur la BBC (nous on a » Chouchou et Loulou »….)
Une grande obsession commença : il me fallait voir de voir ces fameux épisodes.
En 1992 ARTE eu la bonne idée de tous les diffuser le soir à 20 heures.
Mais le syndrome de manque recommença par la suite, il me fallait maintenant les posséder.
Tel un junkie pathétique je me mis en quête d’acheter les VHS (les quoi ??). A 180 francs les 2 épisodes ma collection allait me coûter cher.
Je songeais à vendre un de mes reins…..
L’arrivée du DVD me laissa espérer que mon corps ne serait pas une longue suite de cicatrices causées par un quelconque docteur albanais alcoolique sur le retour. Mais que nenni, seules des éditions en zone 1 ou en anglais/anglais virent le jour.
Désespéré je regardais des épisodes sur YouTube ou j’en récupérais de mauvaises qualités sur la Mule. Je tentais de décrocher en achetant leurs films, mais au fond de moi j’espérais toujours.
Et j’avais raison car sans crier gare le "Jean Pascal culturel depuis 1954" vient de sortir tous les épisodes en 4 DVD dans l’anonymat le plus complet.
Si vous me cherchez je suis dans mon salon, ma vie a de nouveau un sens…………….
11:45 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Monty Python, The Flying Circus, Sacré Graal, aaaargghhhhh
24.03.2007
This (not) aSPARTAm !!!!
(Ceci n'est pas l'affiche de "Zoo" le film)
L'histoire vous la connaissez maintenant, les Perses veulent envahir la douce Grèce, la cité de Sparte avec le roi Léonidas et 300 de ses meilleurs hommes, va alors leur opposer une résistance et se battre jusqu'à la mort (en vain bien entendu).
Franck Miller, auteur américain de comics en a tiré en 1998 une BD, portée à l'écran par Zach Snyder (son seul méfait précédent s'appelle "l'Armée des morts" un bon film de zombie sortit il y a 3 ans).
Comme pour Sin City (une autre BD de Miller) beaucoup d'attention est portée au traitement de l'image avec une palette de couleurs assez resserrée (rouge, gris, jaune...) mais très contrastées, des taches de sang qui giclent à chaque coup d'épée (et il y en a beaucoup), des poses évoquant certains tableaux classiques.
Bref une tendance assez nette à privélégier la forme sur le fond (sans aucun jugement de valeur la dessous d'ailleurs pour ma part).
Alors comme le titre le sous entend (finement), 300 s'apparente quand même à un grand verre de coca heavy strong avec des morceaux de sucre rajoutés par poignées entières.
Les acteurs surjouent volontiers, l'intrigue est simple, les personnalités des principaux héros pas très fouillées, la violence omniprésente comme cache misère parfois, les bastons nombreuses sont volontiers filmées en "effet Matrix", certains passages frisent le ridicule avec tout ces gars muculeux en toge qui vont virilement à la guerre comme on va dans un back room.
Bref la bande annonce est trompeuse au final, surgonflée qui plus est par un titre de Nine Inch Nails tout à fait approprié ("Just like you imagined") qui donne envie de tout casser.
La critique a quasiment unanimement déboité le film pour toutes les choses énonçées avant, en avançant en plus le postulat que l'on a ici un joli film crypto-fasciste dont le contexte historique (Grecs contre Perses) renvoie à l'histoire très contemporaine, où les Américains remplaceraient les Grecs et les pays arabes les Perses et où le film seraint une apologie et une justification de la violence militaire (et donc de celle de l'US Army actuellement en Irak)
Evidement la tentation est grande (en rappellant quand même qu'ici les envahisseurs sont les Perses).
Nous avons d'un côté une armée ultra technique et méthodique (les Grecs) face aux Perses beaucoup beaucoup plus nombreux (comme aujourd'hui le monde arabo musulman) mais qui, avant de triompher, essaient pleins de méthodes possibles et parfois ridicules (les éléphants soit Alexandre le Grand à l'envers) tout cela dans un joyeux désordre.
Cependant je n'ai pas réussi de mon côté à trouver les Spartes si sympathiques que cela.
Leur société élimine les bébés difformes à la naissance, les enfants sont séparés de leur famille à 7 ans pour suivre un entrainement militaire croisement d'un goulag et d'une secte, le parlement est corrompu et seuls les hommes libres et riches y participent.
Quant aux militaires ils sont prêts à tout, presque fanatisés, obéissant aveuglément jusqu'à la mort certaine (oui je sais j'enfonce des portes ouvertes).
Donc si certains voient dans les Spartes d'antan un archétype de l'Amérique actuelle, l'image renvoyée n'est pas des plus flatteuses finalement, à tel point que l'on peut se demander si justement la description de Sparte, de ses moeurs et des ses hommes ne donne pas au final crue, sauvage et donc peu reluisante de l'Amérique d'aujourd'hui et de sa poitrine fièrement gonflée d'orgueil militaire
"This is madness !!" dit un émissaire de Xeres, "This is Sparta" lui répond Léonidas.
Tout est dit je trouve.
11:00 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : 300, cinéma, jeu de mot allégé, chocolat belge
17.09.2006
La drogue c'est de la merde (surtout quand y en a plus)
(Keanu Rêve)
Dans les liens de mademoiselle l'Araignée, il y a un blog (en déshérence) qui s'appelle "Antanagor Glouk s'espionne lui même".
Ben dans "A scanner darkly" c'est exactement ce que l'on demande au héros Bob Arctor (Keanu Reeves) au milieu du film, de s'espionner lui même.
Bob en fait il est flic aux stups, en Californie et dans 7 ans, au moment où une drogue, la substance D, fait des ravages.
Mais la problème de Bob c'est qu'il est complètement accro à cette drogue, comme ses potes slackers qui habitent dans sa maison pourrie.
Au bout d'un moment Bob ne sait plus trop ce qu'il fait, qui il est, surtout quand ses supérieurs lui demande d'enquêter sur cette bande de camés qu'il fréquente et donc sur lui même.
Comme dans l'exceptionnel "Requiem for a dream" tout le film va donc tourner autour de cette bande de zozos et de leur quotidien morne, de leurs délires de junkies sur les vitesses manquantes d'un vélo et autres abyssales futilités.
Comme dans le film d'Aronofski il ne se passe pas grand chose, c'est la forme du film qui va emporter l'adhésion, le rendre intéressant.
Ce n'est pas ici une mise en scène et une musique mémorables qui vont marquer les esprits, mais le traitement donné à l'image.
On avait déjà Sin City ou Renaissance dans des registres plutôt gris ou noirs, là c'est l'option crayon 4 couleurs dont use Richard Linklater, pour un rendu fabuleux, filmé en prises de vue réelles puis retravaillé en studio, permettant de pouvoir donner aux spectateurs une vision distordue, désordonnée des évènements sur l'écran, comme les personnages aux prises avec leur drogue.
La limite de cet exercice c'est justement que c'est un film purement esthétique avec plus de forme que de fond. Mais cette forme rend le film flou et retranscrit bien justement la confusion, la parano dans laquelle baigne les personnages jour et nuit.
Tout ça est tiré d'un bouquin de Philip K Dick (substance mort), maitre es science fiction et es drogues aussi, s'apparentant parfois à une autobiographie de ce que sa vie a peut être été à une époque : écrivain ? camé hallucinant des histoires ? écrivain camé ?
Pour avoir une idée plus précise du film vous devriez trouver ici les premières 20 minutes en full VO.
19:10 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
11.09.2006
La colline a mal aux yeux
(on voit bien les yeux, on distingue par contre mal la colline qui est sur la face B)
Haute tension a plutôt été une très bonne surprise, il y a 3 ans, se posant (enfin) comme un très bon film-qui-fait-peur français.
L’action avait beau se passer dans le sud ouest, pas de cliché franchouillard à base de cassoulet tueur ou de Félicien qui boit du pastis et qui devient fou, juste un malade qui décime une famille et court après les 2 rescapées pour avoir du rab', pour déboucher sur un final surprenant.
Pour la « Colline a des yeux » Alexandre Aja s’est attaché à un remake d’un vieux film de Wes "Scream" Craven (A).
C’est un peu pareil, mais dans la désert cette fois et de l'autre côté de l'atlantique, encore une famille qui se fait massacrer par une autre famille de dégénérés notoires bercée trop près du feu nucléaire des années 50. C’est violent, gore, mais à la fin le bébé il est sauvé (petite aparté pour les mamans inquiètent qui liraient ce blog).
La bonne idée du film est de le faire se dérouler en partie dans une ville test ravagée où l’ont exposait des mannequins et où l’on reconstituait des appartements pour évaluer les dégâts après avoir fait péter une bombe dans les parages.
Vous avez déjà vu ces vieux films de propagande, où des militaires avec des lunettes de soleil et parfois des casquettes pour les plus prévoyants, assistent à une explosion, où des mannequins sont réduits en cendres et de pauvres baraques arrachées par le souffle (c’était surtout cet effet qui semblait le plus étudié on semblait pas du tout se soucier des radiations, même pas mal)
Evidement cet univers à base de vieilles bandes d'archive vues dans le générique, de vieilles télés NB, de Chevrolets gigantesques, de maisons en bois qui grince, de stations service au bout de la route est le résumé parfait des années 50 (qui vont s'étendre jusqu'en novembre 63 et la partie de chasse ratée de JFK à Dallas) triomphantes, de la propérité et de la joie de vivre (entre blancs).
Sauf que là tout est en ruines. Les seuls habitants sont soient défigurés et débiles mentaux donc différents (les méchants), soit en sang, prêts à tout pour se venger (les gentils blancs) qui ont laisser tombé en chemin leur éducation, leurs idées modérées (le héros est décrit comme démocrate) pour se défendre ou se venger.
Bref l'antithèse parfaite de cette Amérique fantasmée par nous autres européens, qui n'a plus cours aujourd'hui et qui ressemble plutôt à un pays qui vit encore dans ses illusions, se livrant parfois à ses pires instincts pour régler ses comptes avec ses ennemis loin de toute loi ou régle (cf les drapeaux US plantés dans les cadavres des méchants).
Je ne sais pas si tout cela était voulu au départ mais, en ces temps post 11 septembre, ces scènes prennent une drôle de saveur et donnent au film un arrière plan étonnant, surtout dans ce genre du survival-movie (oui je parle anglais sans accent) qui pense surtout à tailler, charcuter, découper, arracher, énucler, taillader, débiter, tronçonner, racler et autres verbes du premier groupe.
UMP : mercredi sort "a scanner darkly" film que j'attends depuis des lustres, vais je être (un peu) déçu ??
17:20 Publié dans 22 mars 1895 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note








