30/03/2009

The Chaser

chaser.jpg

 

 

 

Le quartier de Mangwon, à Séoul, peut être vu comme une illustration du cerveau en mauvais état du tueur en série qui sévit dans The Chaser.

Soit un lieu escarpé, pleins de recoins lugubres, de raides pentes, de vertigineuses descentes, poisseux, glissant.

Joong-Ho va passer 2 heures à arpenter ce coin, qui va devenir son enfer personnel, pour y retrouver une des prostituées qu'il emploi et qui a été kidnappée par un détraqué particulièrement retors.

Joong-Ho a été policier avant, puis après une sombre histoire il a été vidé de son unité et s'est mis à son compte dans le business, comme maquereau, peu étouffé par les scrupules.

Trois de « ses » filles disparaissent et lui imagine qu'elles se sont faites la malle avec « son » fric et qu'elles l'ont donc embobiné.

Mais un détail le gêne, les 3 filles ont disparu après avoir rencontrées le même homme. Droit dans ses bottes il se met à la recherche du gars, non pas pour le livrer à la police, mais sans penser le moins du mode qu'elles aient pu tomber sur un pervers lui demander des comptes et récupérer son fric.

Rapidement il va mettre la main sur le gars, la police va s'en mêler, et à l'instar de John Doe dans Seven, celui ci va avouer ses crimes, mais on est qu'à un tiers du film.....

Et là les choses vont changer Joog-Ho va voir ses certitudes bien établies se fissurer, il va se rendre compte que « ses » filles ne sont pas justes des morceaux de chair, mais qu'elles ont aussi une vie de famille, des enfants.

La prise de conscience de Joog-Ho va faire basculer le film, quand il va être mis en présence de la fillette de la dernière de ses prostituées disparues..

Il va passer ensuite son temps à retrouver sa mère, comme pour se prouver qu'il est encore digne d'existe aux yeux de quelqu'unr, à n'importe quel prix, animé par une rage impressionnante que rien n'arrête, même pas les coups de marteau.

Mais que fait la police pendant ce temps ?

Ben pas grand chose justement, elle récupère le tueur par hasard, se demande bien ce qu'elle va faire avec de tels aveux et va passer sont temps à partir sur de fausse pistes ou à se disputer entre services sur fond de lumières blafardes dans des commissariats où les coups pleuvent facilement.

Cette violence policière cache son incapacité à se concentrer sur le principal : les victimes.

Le tueur lui refuse de donner son adresse, où agonise sa dernière victime (une des filles de Joong-Ho donc) il attend que le temps passe, étrangement absent à toute l'agitation autour de lui, il sait que les heures jouent pour lui, sa garde à vue sans preuve ne pouvant se prolonger indéfiniment.

The Chaser est traversé par des moments de sauvagerie, d'éclats de rire quand la police apparaît, de suspense après la remise en liberté du tueur, d'émotion quand apparaît la petite fille perdue.et seule comme le « héros » (j'ai du mal à écrire ce mot tant son étoffe est bien délavée).

Le réalisateur se joue de certains écueil comme de transformer le film en buddy-movie quand Joong-Ho prend la gamine sous son aile.

De brusques crochets évitent, tout en restant au sein d'un genre bien délimité, de donner trop à voir au spectateur.

Même si tout n'est pas parfait (flics un peu trop à la limite de la stupidité, brusque escamotage de la petite fille pour laisser les mains libres à Joong-Ho dans son enquête...), The Chaser est un très bon film, riche en fibre et en protéines, qui avec sa retenue, sans vains effets de style vite fanés, restera  certainement comme un classique du cinéma sud-coréen.